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Affaire 15

Affaire 15

 

Texte : Marc Dzalba-Lyndis

Illustration : Mathieu Allexandre

 

 

 

 Au débarquement, y’s pointe vec un missile.

Du coup, on lui pique.

 

 

 

 

    A la Saint-Augustin, à l’heure de la récré, dans un bled à rafiots, les gabelous visent un bahut timbré en Suisse et drivé par un Richard de 53 piges.

 

    Quand on lui d’mande « T’as kek chose dans ton coffiot ? », y répond « Yes, mon gros, j’ai un missile ! ».

 

    Du coup, les freluquets tiennent à viser l’engin. A l’intérieur du taxi, y découvrent moult caissons vec un missile en kit.

 

 

 

 

    A la vue du suppositoire, l’mec y l’est foutu au placard pour avoir trimbalé du matos de guerre.

 

    De visu, un missile amerloque.

 

    « J’fais collec d’arquebuses. J’ai bidouillé avec un English pour avoir ce suppo. En fait, c’en est un qu’est non-violent. Y sert pour faire de l’entraîne quand on est nul dans l’transportage », a bonimenté le bricabracologue. « C’est pas une arme pour guerroyer ! », a-t-il vendu.

 

    Mais l’trib l’a pas entendu de cette oreille. Y lui a piqué l’machin et y l’est r’parti bredouille mais sans rien à raquer. 

 

 

 

Texte original publié

dans la presse locale

 

 

Il passe la douane avec un missile.

On le lui confisque.

 

 

     Au port de Calais, le service des douanes contrôle un fourgon immatriculé en Suisse et conduit par un ressortissant helvétique âgé de 53 ans. A la question des douaniers « Avez-vous quelque chose à déclarer ? », l’homme répond « Oui. J’ai un missile ! ». A cet instant, les fonctionnaires des douanes décident de contrôler le véhicule. A l’intérieur de celui-ci, les douaniers découvrent plusieurs caisses contenant effectivement un missile démonté et en pièces détachées. L’homme est donc interpellé pour le transport de matériel de guerre sans déclaration. En l’occurrence, un missile AIM-7 Sparrow. « Je possède une collection personnelle d’armes chez moi. Cet achat a été fait en Grande-Bretagne avec un collectionneur comme moi. En fait, cette arme est une réplique statique qui sert à l’entraînement du personnel militaire à terre », a commenté le prévenu. « En aucun cas, il ne s’agit d’une potentielle arme de guerre », a-t-il conclu. Considérant que les démarches douanières pour l’importation de cette arme n’ont pas été respectées, le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a procédé à la confiscation dudit missile sans condamnation pour le prévenu.

 

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