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Affaire 7

Affaire 7

 

Texte : Marc Dzalba-Lyndis

Illustration : Mathieu Allexandre

 

 

Elle picole, se crashe en carrosse et se casse.

Elle prend des gnons.

 

 


     Le jour du coup de Jarnac, à l’heure de l’apéro du soir, à la cambrousse, les chasse-coquins sont sifflés pour un caramel, une carriole ayant chambardé après avoir filé des gnons à d’aut’ carettes et à du matos du bled. 

 

     Sur le pavé, les aboyeurs visent un margoulin bien dessoudé qui dit k’il a flingué la bagnole. 

 

 

 

 

 

 

     A c’moment, une mal-rasée qu’en a vu d’drôles lance un vingt-deux en disant qu’cé pas lui qui pilotait mais une gonzesse toute flinguée qui s’est fait la valise avec un gniard. 

 

     L’homme bien paf dit alors qu’cé vrai et que c’est bien sa donzelle, une daronne de 41 printemps, ki t’nait l’gouvernail. 

 

     A c’titre, après l’carambolage, elle s’est fait la jaquette vec leur dab de 7 ans et a filé vers une baraque d’à côté.

 

     Com elle a pas eu d’réponse à c’te cambuse, il a visé une bagnouse vec les sésames au compteur. 

 

     Du coup, elle s’est tirée avec en bahutant le p’tit rigolo qui pissait dans son froc. 

 

     Arrivée à sa crèche, elle a r’tapé dans la bouteille et s’est arrangée l’portrait. 

 

     Quand les poulagas s’sont pointés, ils lui ont passé les bracelets et l’ont drivé jusqu’à l’hosto du coin. 

 

     « On s’est engueulés après une journée à’l’brocante en picolant un max. Il a mis la main sur mon blaze et on s’est plantés comme des cons », a bavé la picoleuse de première. 

 

     Les accordeurs de vielle lui ont collé un balai d’placard mais avec huit mois de jugeote. Faut qu’s’soigne aussi et qu’elle turbine.

 

     Et pis, elle a plus d’permis. Faut qu’elle attende un an pour’l’tenter. Faut aussi qu’elle raque une prune de 150 unités et qu’l’refile 100 balles au bourgeois d’la tire chipée. 

 

 

 

Texte original publié

dans la presse locale

 

 

 

Elle boit, elle commet un accident, elle s’enfuit.

Elle est condamnée. 

 

 

     Les gendarmes sont appelés à Huby-Saint-Leu pour un accident de la route, un véhicule s’étant couché sur le flanc droit après avoir percuté plusieurs autres véhicules et du mobilier urbain. Sur place, les militaires découvrent un homme très alcoolisé qui indique qu’il a perdu le contrôle de son véhicule. A cet instant, un témoin de l’accident signale que ce n’est pas cet homme qui conduisait le véhicule accidenté. Elle précise que c’est une femme blessée qui s’est enfuie avec un enfant dans les bras, ce dernier ayant même aidé la conductrice à sortir du véhicule. L’homme reconnaît alors que c’est son épouse, une Offinoise de 41 ans, qui pilotait et qu’elle est partie avec leur fils de sept ans. En fait, après l’accident, celle-ci s’est précipitée à pied dans une habitation voisine et a frappé à la porte. Restée sans réponse, elle a aperçu une voiture dont les clés étaient encore sur le contact. Elle est donc montée dedans avec l’enfant et est rentrée chez elle tout en accrochant plusieurs véhicules au passage. Quelque temps plus tard, une patrouille de gendarmerie s’est rendue à Offin, les gendarmes tombant nez à nez avec une femme ensanglantée dans un état alcoolique très avancée. Elle est donc interpellée et conduite au centre hospitalier de l’arrondissement de Montreuil. « En fait, après une journée bien arrosée passée dans une brocante, mon mari et moi nous sommes disputés dans la voiture. Il a alors mis sa main sur mon visage et j’ai perdu le contrôle de l’engin », a expliqué la prévenue. Le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a condamné la mère de famille à une peine d’emprisonnement de 12 mois assortie d’un sursis probatoire de 8 mois durant deux ans avec une obligation de soins et de travail, la partie ferme de la peine pouvant être aménagée par le juge d’application des peines. De plus, elle devra payer une amende délictuelle de 150 €. D’autre part, son permis de conduire est annulé et elle ne pourra le repasser avant un an. Enfin, elle devra indemniser l’une des victimes à hauteur de 100 € pour le préjudice moral, son fils recevant une indemnité à définir après un examen médical à venir. Cette indemnité sera fixée à l’audience du 18 novembre. 

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