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Affaire 20 - Livre 2

Affaire 20 - Livre 2

 

 

Texte : Marc Dzalba-Lyndis

Illustration : Mathieu Allexandre

 

 

 

Il a pas d’tickson

et cogne l’contrôleur.

 

 

    Le jour des feuilles qui s’prennent les pieds dans l’tapis, dans l’aprem, à la gare de la city de la Marquise, deux voyeurs des ch’mins d’fer grimpent dans l’bahut.

 

    Dans un tiroir à puces, l’un d’eux zieute un cave complèt’ment j’té vec une canette dans la pogne.

 

    Tout d’suite, l’mec montre les crocs. Y dit qu’il a pas d’tickson et pas d’fric. L’vérificateur y d’mande ses papelards.

 

    Y s’lève, y brinquebale le corbeau et lui fout une grosse mandale dans la tronche. Y lui colle même un coup d’saton.

 

 

 

 

    Astheure, le lapin d’couloir s’planque dans les chiottes avec l’aut contrôleuse.

 

    Y met quand même sa boîte à images en route.

 

    A la gare des fils de Rodin, l’mecton, un mec du coin qu’a 58 balais, il est chopé par la milice et drivé jusqu’au poulailler.

 

    Quant au reniflard de la Senecefe, après un tour chez l’doc, y s’tape deux jours d’sieste pour ses bleus et la tremblote du cerveau.

 

    L’trib, il a r’filé un an d’cabane à crédit au violent. Y devra aussi filer un peu d’fric aux deux ramasse-miettes.

 

 

 

 

Texte original paru

dans la presse locale.

 

 

Entre Marquise et Calais, fortement alcoolisé,

un voyageur s’en prend au contrôleur

 

    Le 22 septembre 2024, à 17 h 21, en gare de Marquise, deux agents de la SNCF montent dans le train Amiens-Calais pour un contrôle des billets des voyageurs. Dans l’un des wagons, l’un des deux employés souhaite exercer un contrôle sur un voyageur. Il découvre un homme très fortement alcoolisé avec une canette de bière à la main. Immédiatement, l’individu se montre virulent et déclare n’avoir ni billet de transport ni argent. Dans la foulée, après que l’employé lui est demandé une pièce d’identité, le voyageur s’est levé, a bousculé le contrôleur et lui a adressé un violent coup de pied qui l’a projeté à terre. Malgré tout, celui-ci réussit à activer sa caméra mobile afin de filmer la scène tout en avertissant les forces de l’ordre. Alors qu’il était au sol, l’homme a continué à asséner des coups de pied au contrôleur, ce dernier se réfugiant dans une cabine en compagnie de sa collègue.

 

    A 17 h 41, en arrivant en gare de Calais-Les Fontinettes, l’homme violent, un Calaisien âgé de 58 ans, est interpellé par les forces de l’ordre et conduit au commissariat. Suite à une visite médicale, l’employé de la SNCF se verra attribuer une incapacité totale de travail (ITT) de deux jours pour des hématomes et un stress profond. Le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a condamné le Calaisien à une peine d’emprisonnement de 12 mois assortie d’un sursis simple. En outre, il devra indemniser les deux contrôleurs pour le préjudice moral, la somme leur étant allouée étant connue lors d’une prochaine audience du tribunal.

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